Après cet intermède, c’est avec leur nouvel ami, Crâ-Choû-Hî, le
chameau que Craow et Chocolatine continuèrent leur route en direction
d’Héliopolis. Il était bien plus facile pour eux de ne plus porter
leurs bagages, Kamel avait raison sur ce point. Quant à la flûte à
serpent et au sac, Craow n’en voyait pas trop l’utilité pour ce qu’ils
devaient accomplir. Il les garda néanmoins et les mis dans une des
hottes que le chameau portait.
Au fil des heures, les dunes se
succédaient, la végétation se faisait de plus en plus rares. Tout signe
de vie semblait avoir quitter le désert. Seul le vent émettait un bruit
diffus, tantôt aigu, tantôt cinglant. Le soleil commençait tout
doucement sa descente vers l’horizon et il était temps pour Craow et
Chocolatine, d’installer leur campement.
- Je pense que nous avons assez marché pour aujourd’hui, déclara Craow tout-à-trac.
- Oui, en effet, je n’en peu plus… rhaaaa mes pieds, mes si jolis pieds… il sont en compotes, se plaignit-elle.
- Reposes-toi, je vais installer la tente…
Une
fois la toile tendue et prête à servir pour les héberger cette nuit,
Craow décida de partir à la recherche de bois pour faire du feu. Il
laissa ainsi l’occasion à Chocolatine de se détendre et de se
rafraîchir seule dans la tente.
Une heure plus tard, alors que le
soleil était couché et la lune bien haute dans le ciel, Craow revint,
les bras charger de bois. Avant d’arriver au bivouac, il s’arrêta net
en entendant plusieurs voix et bruits anormaux venant du campement.
Laissant délicatement tomber son bois, il se cacha derrière un vieux
panneaux indiquant : « Héliopolis » et observa la scène… Ce qu’il vit, failli le faire tomber à la renverse…
Quatre pillards étaient en train d’attaquer le camp !! Réfléchissant à
toute vitesse, Craow décida de rester caché… Non par lâcheté, mais par
prudence… à un contre quatre, il n’avait aucune chance, surtout que la
bande de barbares était accompagnée d’un chien à l’air féroce. Il resta
donc à l’abri des regards, assistant, impuissant à l’enlèvement de
Chocolatine et de Crâ-Choû-Hî.
- Prenez toutes les choses utiles, les gars !! On en aura besoin pour s’implanter dans ces contrées, dit l’un des brigands qui devait être leur chef.
- On prend aussi la tente, chef ? demanda une des femmes.
- Non ! On viendra la chercher plus tard… de toute façon elle ne risque pas de s’envolée… n’est-ce pas mademoiselle ? demanda-t-il à Chocolatine en riant.
- Je vous l’ai déjà dit !! Je voyage seule !! Dit-elle en se débattant dans les bras de son tortionnaire.
- Héhé… chef, je pourrais l’avoir ? La femme… dit l’autre homme du groupe avec envie.
- Pas touche malotru !! Elle est à moi !! Déclara le chef, sans appel.
Une
fois, leurs méfaits accomplis, c’est riant et jurant que les voleurs
s’en retournèrent avec leur butin. Craow, désespéré mais tout à fait
lucide, les suivit à bonne distance afin de voir où ils avaient
installés leur campement…