Les jours suivants, ils s’afférèrent à la préparation de la fête.
Ysabel s’occupait de la décoration, pendant que Craow travaillait à la
liste des invités et au placement qu’ils auraient autour des tables. On
pouvait humer la bonne humeur et le bonheur dans l’air.
- Mon amour, pourrais-tu aller chez le traiteur ce matin pour commander les plats ?
- Biensûr ma douce, lui répondit-il.
- Je ne serai sans doute plus là à ton retour, j’ai rendez-vous avec Mayna et Choco pour ma « surprise »
- Ah ! Bon ! Très bien… De mon coté je dois aller voir Tockkes pour régler les dernières modalités de la cérémonie…
Craow
pris donc la route et se dirigea vers le traiteur conseillé par l’une
de ses connaissances. Au détour d’une rue regroupant plusieurs
marchands divers, il arriva à « La Boucherie du Nil ». L’odeur
de la viande plus ou moins fraîche lui arriva aux narines, lui
provoquant un haut-le-cœur. Des quartiers de venaison étaient disposés
sur une table, un panier rempli de pastèques était placé à côté du
comptoir de la marchande, des hirondelles pas encore déplumées
siégeaient dans une charrette posée contre le mur. Devant le comptoir,
des poissons en tout genre était en train de fumer au soleil, un agneau
était enfermé dans une cage non loin. Le plus troublant était les têtes
d’animaux pendant à des crochets sur le parasoleil de l’échoppe.
D’un pas incertain, Craow s’adressa à la cuisinière :
- Bonjour madame !
- Bonjour m’gamin, quequ’Mâ-hï-Têh peut faire pour toi ?
- Hé bien, je me marie cet après-midi et j’aimerai commander des spécialités pour la fête…
- Ahh m’félicitations m’gamin ! c’t’un honneur pour Mâ-hï-Têh ! T’verras m’gamin t’sra pas déçu !
- Ah bon… qu’est ce que vous proposez comme plats ? L’interrogea-t-il.
- M’gamin, Mâ-hï-Têh fait du ragoût d’à peu près tous l’bestiaux qu’on peut trouver dans les parages ! Dit-elle avec fierté.
- Euh et bien en fait, je voyais quelque chose de plus exotique que du ragoût…
- Hé ben m’gamin, Mâ-hï-Têh va t’concocter un plat dont tes invités s’souviendront ! Héhéhé, y fait pas écrit Bécasse ici ! Dit-elle en désignant son front.
- Bon, hé bien, je vous fait confiance alors… Répondit-il sceptique.
- A tout à l’heure m’gamin !